14 septembre 2026Process

Timide, réservé, syndrome de l'imposteur — comment j'adapte mon GTM en conséquence

Je ne fais pas d'appels à froid, pas de démos Zoom, pas de visite terrain. Ce n'est pas de la flemme — c'est une contrainte que j'ai appris à traiter comme une donnée de conception.

Je ne fais pas d'appels à froid. Pas de démos Zoom non sollicitées, pas de visite terrain, pas de cold call. Ce n'est pas une posture — c'est simplement qui je suis, et j'ai mis du temps à arrêter de traiter ça comme un problème à corriger.

La tentation de se forcer

Pendant longtemps, j'ai lu les mêmes conseils que tout le monde : "le téléphone convertit mieux que l'email", "une démo en live lève les objections plus vite", "le face-à-face crée la confiance". Ce n'est probablement pas faux. Mais quand je me suis forcé à appliquer ces méthodes, le résultat était mauvais — pas parce que la méthode était mauvaise, mais parce que je l'appliquais mal. Un appel commercial fait par quelqu'un qui a vraiment envie d'être ailleurs, ça s'entend.

À un moment, j'ai arrêté de me battre contre ça et j'ai commencé à concevoir autour.

Ce que ça change concrètement sur chaque projet

Sur Skinalyze, la tension est réelle. La cible — des gérantes d'institut — est orientée relation humaine. L'absence de démonstration en live est un vrai frein, et le terrain l'a confirmé : les ouvertures d'email sont là, les conversions sont lentes. Ce n'est pas une surprise. C'est le prix assumé d'un canal qui correspond à ma façon de travailler.

Ça m'a forcé à compenser par d'autres leviers : un produit qui s'explique sans guide, un accès pilote qui parle de lui-même, un rapport d'exemple qui remplace la démo Zoom. Est-ce que c'est aussi efficace ? Probablement pas à court terme. Mais c'est ce que je peux tenir dans le temps.

Sur Tifo, le premier contact s'est fait par DM Instagram. C'est écrit, c'est asynchrone, et ça laisse à l'autre le temps de regarder le produit avant de répondre. Même logique.

Sur FlySmart, la cible — l'office manager d'une PME — prend des décisions souvent sans validation en temps réel avec un commercial. Un outil qui s'évalue seul, à son rythme, est cohérent avec ce qu'elle vit au quotidien.

L'écrit comme levier principal

Ce que j'essaie de faire sur chaque projet : que le produit et la landing page fassent le travail qu'un bon commercial ferait en appel. Ce n'est pas une optimisation de conversion abstraite — c'est une contrainte concrète liée à ce que je ne ferai pas.

Ça implique d'être précis, d'anticiper les objections dans la page elle-même, de ne pas afficher de chiffre sans source. Sur la v1 de FlySmart, j'avais des statistiques génériques sans origine vérifiable sur la landing. Je les ai retirées plutôt que de les remplacer par d'autres estimations. Pas héroïque, juste logique : si je ne suis pas là pour répondre aux questions, le texte doit être irréprochable.

Ce que je ne dis pas

Je ne dis pas que mon approche est supérieure. Je dis qu'elle est cohérente avec qui je suis — ce qui est différent. Quelqu'un qui aime le contact humain et qui fait des démos Zoom a probablement un avantage que je n'aurai pas sur certaines cibles.

Ce que j'ai appris, c'est qu'un GTM appliqué à contrecœur est moins efficace qu'un GTM moyen appliqué avec conviction. Alors j'adapte, je compense sur les points où je peux, et j'assume les points où je ne peux pas.